Les rôles des domestiques


- Époque georgienne, - Époque victorienne / mercredi, mars 20th, 2019

Si vous êtes fans de la série Dowton Abbey et que vous savez tout de la vie “en bas des escaliers”, cet article ne sera qu’une piqûre de rappel, car la domesticité fonctionne sensiblement de la même façon tout au long du XIXème siècle.


La hiérarchie

Comme je le disais ici, avoir une maison aussi grande que Pemberley implique forcément d’avoir beaucoup de domestiques pour l’entretenir et assurer le quotidien.

Une domesticité fonctionne comme une véritable entreprise, avec ses chefs, ses sous-chefs, ses exécutants, ses spécialistes et ses petits stagiaires à qui on refile les tâches ingrates… 😉

Voici un exemple d’une grande maisonnée, où vous pouvez comparer le niveau d’importance que les domestiques ont dans la hiérarchie. Autrement dit, quand on est une simple fille de cuisine, on ne vaut pas grand chose !

Hiérarchie des serviteurs (ou domestiques) dans une maison de l'époque victorienne

Comme tout le monde n’est pas aussi riche de Mr. Darcy, il n’est pas toujours nécessaire d’avoir autant de postes différents. Dans une maisonnée plus petite, avec seulement 4 ou 5 serviteurs, chacun d’eux endossera plusieurs rôles : chez les Bennet, par exemple, un Mr. Hill fait office de majordome autant que de valet de pied ou de valet de chambre, et peut-être bien qu’il donne aussi un coup de main en cuisine en cas de besoin !


Les 3 piliers du foyer

Trois domestiques sont en contact direct avec les maîtres de la maison, de qui ils reçoivent leurs ordres. Ils sont les plus “hauts gradés”, en quelque sorte.

Le majordome

Le mot majordome vient du latin major (le plus haut) et domus (la maison). Il est LE domestique le plus important de tous.

Il s’agit forcément d’un homme, et comme les rôles sont très genrés c’est lui qui dirige les domestiques hommes (valets et cochers). Il tient les comptes, possède la clé du cellier car il a la responsabilité de choisir et faire servir le vin à table, et possède aussi la clé des placards à argenterie et autres objets de valeur : il vérifie que ce qui en sort finit bien par y retourner, pour éviter les chapardages.

L’intendante

L’intendante doit fonctionner en bonne entente avec le majordome, mais en terme de hiérarchie elle lui est tout juste inférieure.

Par abus de langage, on l’appelle parfois la gouvernante. Pourtant, c’est bien d’une intendante qu’il s’agit ici, c’est à dire celle qui gère le ménage et les repas, alors que la gouvernante s’occupe des enfants (en anglais, on ne les confond pas : l’intendante est une housekeeper, et la gouvernante une governess).

Dans le roman de Charlotte Brontë, Jane Eyre est bien une gouvernante venue s’occuper de la petite Adèle, tandis que Mrs. Fairfax est l’intendante qui gère la maisonnée de son maître, Mr. Rochester.

Il s’agit toujours d’une femme, car aucun homme ne se préoccuperait jamais de faire le ménage (quelle drôle d’idée, n’est-ce pas ! 😉 ).

Elle a sous ses ordres les bonnes qui nettoient la maison et le linge, ainsi que le chef cuisinier, et elle doit s’assurer que les garde-mangers sont remplis afin que celui-ci puisse travailler correctement. Elle aussi tient les comptes et un inventaire précis de tout ce que l’on consomme, et elle possède les clés du placard où sont conservés la viande et le lard (tout comme le majordome, elle veut éviter les petits larcins…). Et puisqu’on parle d’intendante et de clés, allez donc lire cet article sur la châtelaine, ici ! 😉

Le chef cuisinier

Le cuisinier peut être un homme ou une femme, cette fois c’est sans importance. C’est surtout une question d’avoir du talent, et le talent des cuisiniers, au XIXème siècle, il est déjà dans la gastronomie française : avoir chez soi un chef français, c’est la grande classe !

Le chef est à la tête d’une armée plus ou moins grande de cuisiniers qui exécutent ses ordres. Il faut préparer les repas et collations pour la famille, bien sûr, mais également pour toooooooooous les domestiques…

Saviez-vous qu’en France les restaurants ont vu le jour grâce aux chefs cuisiniers des familles riches ?

Ce type d’établissement s’est répandu après la Révolution française, car les chefs n’avaient plus de grandes maisons où exercer leurs talents (leurs nobles maîtres étant soit décapités, soit enfuis à l’étranger). Ils ont dû se chercher un autre travail et c’est ainsi que la haute gastronomie, autrefois privée et réservée aux privilégiés, est devenue de plus en plus accessible au grand public.


Les domestiques pour la maison

Ces serviteurs-là sont sous l’autorité directe du majordome, de l’intendante ou du chef cuisinier.

Les valets

Les premiers valets de pieds sont en contact avec les membres de la famille : ils servent à table, ouvrent les portes, portent les bagages, font les courses, livrent des lettres ou des paquets en main propre, font office de gardes du corps lorsqu’on voyage, nettoient l’argenterie, dressent la table et apportent les plateaux…

Ils portent parfois une livrée, c’est à dire un uniforme d’apparat, auquel cas on les appelle plutôt des laquais. Dans tous les cas, comme ils sont la face visible des domestiques de la maison, on les choisit souvent pour leur belle apparence physique : grands, élégants, jolis garçons…

J’ai lu des témoignages rigolos de maîtresses de maison qui avaient choisi leurs valets parce qu’ils étaient beaux, mais qui ensuite se plaignaient qu’ils ne soient pas assez travailleurs ou honnêtes ! 😉

Les seconds valets de pieds sont aussi des hommes à tout faire, mais ils travaillent plutôt en coulisses. Ils vont par exemple décharger les livraisons de marchandises, tenir pleines les réserves de bois ou de charbon, déplacer les seaux d’eau chaude quand on veut prendre un bain, faire de menus bricolages, donner un coup de main au potager ou aux écuries…

Les bonnes

On les appelle aussi des femmes de chambre (mais attention de ne pas confondre avec un autre poste du même nom, dont je vais vous parler plus bas). Elles sont tout simplement des femmes de ménage.

Les bonnes s’occupent de nettoyer, ranger, entretenir toutes les pièces de la maison. Elles sont supposées être invisibles, donc elles veillent à ne jamais croiser le chemin de leurs maîtres. Elles font les lits, aèrent, époussètent, changent les draps, battent les tapis (l’aspirateur n’existe pas… misère…), lavent les sols, cirent les meubles, font briller les miroirs, etc. Si elles sont nombreuses, elles auront une sous-chef pour les coordonner et les représenter auprès de l’intendante.

En dessous se trouvent les blanchisseuses, qui prennent en charge la lessive monstrueuse que génère une grande maison. J’en parle un peu ici, déjà, mais rappelons tout de même qu’il faut laver et repasser les vêtements des membres de la famille, ainsi que ceux de toooooooooous les domestiques (qui se salissent vite, en plus, car ils travaillent), puis les nappes, les draps, les rideaux et jusqu’aux torchons pour la cuisine.

Tout ça à la main (ou avec des machines rudimentaires), dans des bacs ou des cuves, avec de l’eau bouillante, de la soude et des produits décapants.

Je ne sais pas vous, mais je n’aurais pas voulu être blanchisseuse…

Les cuisiniers

Sous les ordres du chef se trouvent des cuisiniers ou des cuisinières. Pour un grand dîner mondain d’une trentaine de personnes, il faut au moins 20 cuisiniers (et de vastes cuisines !). Je vous renvoie à cet article, ici, pour vous donner une idée des lieux et du matériel dont ils disposaient (pas d’eau courante, pas de frigo, pas de congélateur, des fours à température inconstante…).

Si on a beaucoup de personnel en cuisine, une partie sera dévolue à des tâches plus spécialisées : il y a ceux qui préparent les sauces, ceux qui préparent les viandes, ce qui ne font rien d’autre qu’éplucher et couper des légumes à longueur de journée (ouaip, y’avait des métiers plus stimulants que d’autres…). On trouve aussi ceux qui vont s’occuper de fabriquer les produits laitiers, car le beurre, la crème et le fromage ne s’achètent pas dans des petits pots au supermarché !

Il y a aussi le cas de la still room maid (difficile à traduire en français), mais c’est un poste très particulier et intéressant, alors je vous en ai fait un article entier juste ici.

Enfin, il y avait les filles de cuisine. Souvent très jeunes (13 ou 14 ans), elles commençaient leur vie de domestique tout en bas de l’échelle. Levées les premières, elles se farcissaient le sale boulot : faire chauffer l’eau, vider les cendres, les pots de chambre, nettoyer les casseroles, récurer les fourneaux, vider et plumer les volailles ou écailler les poissons… Elles étaient au service des maîtres, mais aussi des autres domestiques.

Je ne sais pas vous, mais je n’aurais pas aimé être fille de cuisine non plus…

Du côté des écuries

Une grande maison implique un certain nombre de véhicules pour se déplacer, et les montures qui vont avec.

Celles d’entre vous qui font de l’équitation le savent : un cheval, c’est beaucoup de boulot chaque jour. Alors plusieurs chevaux, forcément, c’est toute une organisation et ce sont les palefreniers (aussi appelés valets d’écurie) qui s’en occupent, aidés de quelques garçons d’écurie.

Ils sont là pour seller une bête si Monsieur a envie d’aller se balader, préparer une voiture si Madame veut faire une virée en ville avec ses copines (ou une promenade dans le parc dans son joli phaéton tiré par deux poneys… 😉 ), et c’est le cocher qui va conduire ladite voiture si c’est toute la famille qui part en voyage. Il faut entretenir les véhicules, réparer ce qui brise (parce que ça brise !), cirer les cuirs, faire venir le maréchal ferrant, gérer la sellerie…

Les écuries, ça fait du bruit et ça sent le crottin, c’est donc un monde qui se tient assez loin de la maison où vivent les maîtres. Et c’est un monde d’hommes.


Les domestiques personnels

On trouve aussi, dans une maisonnée, certains serviteurs spéciaux qui ne relèvent ni du majordome, ni de l’intendante, ni du cuisinier.

Ils sont en contact direct et étroit avec les maîtres, ce qui leur donne un statut vraiment privilégié dans la hiérarchie des domestiques. Ils sont un peu à part, et ne se mélangent pas forcément aux autres.

Le valet de chambre

Il s’agit du serviteur personnel du maître de la maison. Son rôle est de s’assurer que le maître est toujours à son avantage, lavé, rasé, avec des vêtements impeccables et appropriés pour chaque occasion. Car, s’habiller, ce n’était pas simple ! Il y avait des codes à respecter, je vous ferai d’ailleurs un article sur les dandys et leurs noeuds de cravate… 😉

Ce valet va prendre soin des objets précieux (bijoux, montres…), cirer les bottes et les chaussures, faire un peu de couture, brosser les habits, laver lui-même le petit linge, etc. Ce n’est pas un valet de pied, donc ce n’est pas lui qui sert à table, mais il aide pour tout ce qui touche de près ou de loin à l’entretien corporel de son maître.

La femme de chambre

Elle est le pendant féminin du valet de chambre, au service particulier de la maîtresse de maison. À ne pas confondre, donc, avec une bonne (en anglais cette confusion n’existe pas : elle s’appelle Lady’s maid, tandis qu’une bonne est une housemaid).

On a un faible pour les femmes de chambre d’origine française, car l’élégance à la française est déjà un exemple à suivre, mais elles sont rares…

Elle aussi a pour fonction de tenir la garde-robe de sa maîtresse dans un état parfait. Elle l’aide à sa toilette, l’habille pour toutes les occasions, la coiffe, prend soin des bijoux, lui prodigue des soins cosmétiques, fait de la couture et du lavage pour tout ce qui est délicat (et les robes en soieries, avec broderies et dentelles, c’est du linge délicat !). Elle vit au plus près de l’intimité de sa maîtresse.

La gouvernante

Comme je le disait plus haut, la gouvernante est en charge des enfants, tant pour ce qui est de la vie quotidienne que de leur scolarité : elle leur inculque la géographie autant que les bonnes manières.

Elle est toujours d’une classe sociale plus élevées que les autres domestiques. On parle par exemple d’une femme de la gentry qui a eu des malheurs et qui, sans famille pour l’héberger, a été forcée de trouver un travail. C’est son éducation et sa naissance qui font d’elle une bonne candidate à ce poste (qui ne pourrait pas être tenu par une paysanne illettrée).

Il y a tellement de choses à dire sur la gouvernante, que je lui ai consacré un article entier, que vous trouverez ici.

Comme le démontre Jane Eyre, la gouvernante occupe une place très ambigüe, socialement parlant : au plus près de la famille, mangeant parfois à table avec eux, et pourtant ne faisant pas partie de leur cercle.

C’est le même statut social que la dame de compagnie “rémunérée”, telle que Mrs. Jenkinson pour Anne de Bourgh ou la fameuse Mrs. Younge censée veiller sur Georgiana Darcy.

La nourrice

Avoir des enfants en bas-âge, c’est un emploi à plein temps, toutes les mamans vous le diront. Ça n’était pas différent au XIXème siècle.

On fait appel à une nourrice dès les premiers jours après la naissance d’un bébé. Je vous parlerai de l’allaitement dans un autre article, mais sachez qu’au début du XIXème siècle il était encore très naturel pour une maîtresse de maison d’allaiter elle-même ses enfants, ce qui ne l’empêchait pas d’avoir besoin d’une nourrice pour prendre le relai ou se lever la nuit à sa place. Durant l’époque victorienne, en revanche, on parle plutôt d’épouses qui délèguent l’allaitement à une nourrice afin de se tenir sexuellement disponibles pour leur mari et de pouvoir réenfanter le plus vite possible.

Dans tous les cas, si on a des naissances rapprochées, il n’est pas impossible d’avoir une ou deux nourrices à domicile, qui seront sous les ordres de la gouvernante, responsable de tous les enfants.


Monter en grade

Besoin de te consoler de ta dure vie de fille de cuisine ? Travailles bien et tu monteras en grade. Tu pourrais devenir intendante, un jour, qui sait !

En effet, que ce soit pour les hommes ou les femmes, il est possible de grimper dans l’échelle des domestiques afin d’accéder progressivement à des travaux moins durs, des avantages (une chambre individuelle et de l’eau chaude pour se laver le matin, par exemple) ainsi, bien sûr, que des gages plus généreux.

Il y a peu de chances qu’un cocher devienne cuisinier, question de métier spécialisé, en revanche un garçon de cuisine fiable et travaillant bien pourrait devenir second valet de pied, puis premier… et pourquoi pas finir majordome !


En conclusion

Je vous ai fait ici un aperçu des types de postes qu’on mettait en place lorsqu’on avait beaucoup de domestiques à gérer, mais ce n’est pas une règle absolue : chaque maison composait sa domesticité en fonction de ses moyens et de ses besoins.

Je vous reviendrai dans d’autres articles sur certains aspects de la vie quotidienne de ces serviteurs, qui était clairement une vie de labeur. Entrer comme bonne ou valet dans une grande maison, c’était l’assurance d’avoir un toit au dessus de sa tête et de quoi manger dans son assiette, mais en contrepartie il fallait travailler. Beaucoup.

Domestiques de la série télé Downton Abbey

Downton Abbey est une des rares séries à mettre de l’avant les domestiques qui travaillent dans l’ombre. C’est un très bon exemple pour comprendre la hiérarchie d’une maisonnée à la fin du XIXème siècle.

Cela dit, il y a des amalgames à ne pas faire avec le début de ce même siècle, car il y a eu des évolutions entre temps. Par exemple, les uniformes impeccables (souvent sombres avec tabliers blancs) sont typiques de l’époque victorienne, mais pas avant. Du temps de Jane Austen, les valets de pieds portaient bien une livrée, mais les autres domestiques n’avaient pas d’uniformes particuliers.

error

7 réponses à « Les rôles des domestiques »

  1. Hello !
    C etait super intéressant comme article ! Comme beaucoup j ai appris surtout en regardant downton abbey. C est un monde fascinant ! Si je ne dis pas de betises (car la tout de suite … je n ai oas envie de me lever pour aller verifier 😂) j ai acheté aux editions Perrin (collection tempus) un livre sur les bonnes justement ! Il faut absolument que je le lise !

    1. Ça doit être assez passionnant, comme bouquin ! De mon côté, j’ai vu plusieurs reportages sur la vie des domestiques à la fin du XIXème, avec un certain nombre de détails du quotidien auxquels on ne pense pas nécessairement. Je prévois d’autres articles un peu plus tard pour en parler 😉

  2. Bonjour.

    Encore un super article 🙂

    J’ai une petite question : J’ai entendu parler de “la femme de charge”. J’ai lu qu’elle règne sur toute la domesticité et a toutes les clefs. Est-elle au-dessus même du majordome, ou est-elle simplement l’intendante ?

    1. Salut Sophie, 🙂

      Ça fait un moment que je n’avais pas vu passer ce mot, tiens, “femme de charge” ! Et oui, tu as raison, c’est un simple synonyme : il s’agit bien de l’intendante.

      Je ne suis pas assez renseignée, mais j’imagine que dans une toute petite maison de seulement quelques domestiques, il pouvait arriver qu’on ait seulement une intendante, et pas de majordome du tout. Mais ce serait à vérifier.

  3. Coucou, je viens de lire, et j’ai une question… Comme dans Downton Abbey, on voit effectivement la maîtresse de maison qui a sa propre femme de chambre (O’brien je crois), mais les filles, Lady Mary &co, ont-elles elles aussi leur propre femme de chambre, c’est-à-dire Hannah (je crois) qu’elles doivent se partager ? Ou peuvent-elles, si la famille a les moyens, avoir chacune leur propre femme de chambre, ce qui, dans le cas de la série, signifierait en avoir 4… ? J’espère que je suis claire 😉
    Et la nourrice et/ou gouvernante, que devenait-elle lorsque son rôle était terminé ?

    Deuxième question… 😉 Quand la famille part pour passer l’hiver à Londres par exemple, elle emmène certains de ses domestiques, mais qui ? Et qui sont ceux qui restent au domaine et que font-ils ? Ils ne se tournent pas les pouces j’imagine bien^^…

    Et encore une question, qui n’a rien à voir par contre… Comment se passaient les parties de chasse à l’époque ? Du côté féminin comme masculin…

    Voilà pour aujourd’hui, j’ai beaucoup aimé cet article, je vois mieux la différence maintenant… J’aime tellement cette époque que j’ai toujours envie d’en connaitre davantage sur le sujet !
    Merci beaucoup !

    PS : Est-ce que tu feras un article sur la politique de l’époque également ? Les tories et whigs je crois ?

    1. Une domesticité, c’est un groupe à géométrie variable… Ça varie selon les moyens financiers de la famille, et ses besoins qui changent au fil du temps.

      L’épouse occupe la place la plus importante. Si la famille est riche, il est naturel qu’elle ait sa propre femme de chambre, qui ne fait rien d’autre que s’occuper d’elle. Ses filles, en grandissant, commenceront à avoir des besoins plus importants, mais c’est progressif, alors il y a peu de chance qu’on embauche du jour au lendemain une nouvelle domestique exprès pour elles : on va plutôt demander à une des bonnes de la maison de s’en occuper (et ladite domestique continuera ses autres tâches en parallèle, comme c’est effectivement le cas avec Anna dans Downton Abbey). Peut-être qu’à la longue on pourrait juger nécessaire d’embaucher une domestique exprès, mais ça me semble assez peu probable qu’il y en ait une pour chaque fille. Peut-être une pour la fille aînée, si son âge le justifie et qu’on veut lui donner ce privilège ? Et si la famille n’est pas riche, comme chez les Bennet, il n’y a tout simplement pas de femme de chambre attitrée : Mrs. Bennet se fait aider par une des domestiques de la maison, tout comme ses filles, et probablement que les filles s’aident entre elles aussi. Et, bien sûr, c’est la même chose pour les hommes/garçons.

      En voyage… on emmène les domestiques dont on a besoin ! Le valet et la femme de chambre suivent en priorité, le cocher bien sûr, et peut-être deux ou trois valets… Ça dépend combien de personnes se déplacent. Dans “Jane Eyre”, les domestiques entretiennent la demeure de Thornfield en permanence, y compris en l’absence de leur maître. Dans “La renaissance de Pemberley”, j’ai raconté que Darcy avait un petit groupe de domestiques qui vivent en permanence dans sa maison de Londres, y compris quand lui n’y est pas. C’est compliqué de voyager, alors on ne trimballe pas toute sa domesticité avec soi, c’est certain ! 😉

      La nourrice ou la gouvernante sont tout simplement congédiées quand on n’a plus besoin d’elles. La nourrice (souvent une paysanne) rentre chez elle, et la gouvernante (plus souvent une femme éduquée, mais sans toit, genre “parente pauvre”) n’a plus qu’à se trouver une place dans une autre famille. J’en reparlerai plus en détail bientôt.

      Pour ce qui est de la chasse, je ne maîtrise pas vraiment le sujet, il faudrait que je me renseigne. Je sais qu’on chassait à cheval, en groupe avec des chiens, qu’on pratiquait déjà la chasse à courre (après un renard), et que c’était surtout une activité d’hommes. Les femmes pouvaient accompagner, mais elles ne montaient qu’en amazone donc elles n’allaient pas vite et ce n’était pas elles qui se lançaient à bride abattue dans les bois ! Elles ne tiraient pas au fusil, non plus. Alors elles accompagnaient, elles prenaient l’air et mangeaient dans un champ en compagnie des chasseurs, mais c’est à peu près tout.

      Et pour la politique, je n’y connais rien du tout non plus ! 😉 J’en parle un peu, bientôt, parce que c’est lié à l’article sur la saison à Londres, mais je ne pense pas faire d’article dessus avant longtemps, il y a trop d’autres choses intéressantes à raconter d’abord !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.