Se déplacer en voiture à cheval


- Époque georgienne, - Époque Régence, - Époque victorienne / mercredi, octobre 30th, 2019

Ce que j’aime, avec le XIXème siècle, c’est qu’on peut faire une distinction très nette entre avant et après l’arrivée de telle ou telle technologie. Il y a des différences flagrantes selon qu’on se trouve avant ou après l’arrivée du moteur, du pétrole, des chemins de fer, des bateaux à vapeur, des structures en acier, de la chimie, de la machinerie agricole, de l’eau courante, de l’électricité… Même la musique a été profondément bouleversée à partir du moment où on a utilisé des cadres en acier pour tendre des cordes, ce qui a permis de passer du pianoforte au piano moderne (j’en parlais ici).

Dans les années 2000, nous avons vécu l’arrivée d’Internet et du numérique, et ça a complètement changé nos vies. Alors imaginez un instant ce que c’était pour des gens qui voyaient quasiment tous les 10 ans débouler une nouvelle technologie ayant un impact majeur sur leur quotidien… Ça devait être aussi fascinant qu’effrayant !

En attendant, revenons au tout début de ce siècle, avant tous ces changements, à une époque très très lente où le monde tournait au rythme du pas des chevaux et où se rendre dans la ville voisine relevait d’une véritable expédition…

ALERTE ! ALERTE ! Ceci est encore un article très long ! 😉


Une fausse idée de la vitesse

Traverser l’Angleterre à 100 km/h…

J’en ai déjà un peu parlé dans ce blog (ici, et ici) : se déplacer en voiture à cheval, c’est très joli sur les cartes postales, mais c’est terriblement leeeeeeent...

Les cavalcades à bride abattue qu’on voit dans les films, c’est la même chose que les pubs où on voit un 4×4 rugissant se précipiter dans une rivière et la traverser comme une bombe en faisant gicler beaucoup d’eau. Pour avoir déjà traversé des ruisseaux en 4×4, je vous garantis que foncer dedans à toute vitesse, c’est bien la pire chose à faire ! On va juste noyer le moteur et se retrouver emporté au milieu du cours d’eau.

Les pubs sont mensongères, et les films d’époque aussi… 😉

Le mauvais exemple des films

Voilà une scène classique de cavalcade :

Extrait du film Orgueil et préjugés de 2005. Je l’adore (je m’en suis déjà expliquée ici et ailleurs), mais ça ne m’empêche pas de pointer ses défauts.

Alors qu’Elizabeth se trouve à Pemberley, elle apprend que Lydia s’est enfuie. Il faut donc rentrer au plus vite à Merryton, d’où les chevaux qui caracolent, fouettés par le cocher, sur une route de campagne toute pourrie, à flanc de colline, et en pleine nuit…

Autrement dit, c’est n’importe quoi.

Je comprends que le réalisateur veut exprimer un sentiment d’urgence, mais on ne voyage pas la nuit sur des routes défoncées, enfin ! C’est la meilleure façon de verser dans le décor, ou de casser une roue, ou de briser la patte d’un cheval. Les pauvres bêtes ne voient pas dans le noir ! De plus, dans cette scène, elles ne sont que deux et tirent une voiture qui transporte a priori 5 personnes (Elizabeth, son oncle et sa tante, et les deux cochers qu’on aperçoit) : elles ne pourront donc pas galoper très longtemps sans s’épuiser !

On finirait presque par croire qu’Elizabeth et les Gardiner sont retournés à Merryton dans le courant de la nuit.

Sauf que Merryton, c’est en réalité à 2 jours et demi de route de Pemberley. Alors pour ce qui est de la galopade, on repassera…


Voyager en voiture

Soyons très clairs : une voiture à cheval ne va vraiment pas vite.

Globalement, ça ne fait pas plus de 12 km/h, à condition que :

  • les routes soient en bon état (pas trop de boue, de glace, d’ornières, de la place pour rouler…)
  • la voiture ne soit pas trop pesante (structure aussi légère que possible)
  • la voiture ne soit pas trop chargée (en passagers et en bagages)

Autrement dit, si la route est mauvaise, que la voiture est trop lourde ou qu’il n’y a pas assez de bêtes pour la tirer, alors on ira encore moins vite.

De plus, les chevaux sont des êtres vivants, pas des machines. Il faut donc faire une pause toutes les deux heures pour leur laisser le temps de se reposer. C’est particulièrement vrai si on voyage avec sa propre voiture, car ça signifie que les chevaux sont également à nous et que ce seront les mêmes qui feront tout le trajet (alors que si on voyage dans une diligence, on changera de chevaux en cours de route).

Je rappelle aussi que le confort est rudimentaire. Les voitures ne sont pas toutes équipées de suspensions efficaces, autrement dit les cahots du chemin ne sont pas toujours bien absorbés, voire ne le sont pas du tout (demandez-vous pourquoi les voitures sont capitonnées à l’intérieur…). Et quand on sait que les routes ne sont pas encore goudronnées (le pétrole et le bitume, on ne connaît pas encore), ça ne devait pas être une partie de plaisir !

Ah ! Et aussi, comme je le disais ici, les voitures ne sont pas chauffées, ni très bien isolées, alors voyager en hiver, c’est d’autant plus pénible.

PETIT CALCUL DES TEMPS DE TRAJET : Quand j’ai écrit La renaissance de Pemberley, j’ai – comme beaucoup d’autres – utilisé Chatsworth House (Derbyshire) comme référence pour représenter Pemberley (j’ai raconté tout ça ici), ainsi que Hatfield (Hertfordshire) pour Merryton.

Entre les deux, il y a une distance de 146 miles, soit 235 km. Autrement dit, environ 20h de trajet dans une voiture à cheval, auxquelles il fait ajouter des temps de pause. Alors même en roulant beaucoup, ça donne quand même un bon 2 jours et demi pour se rendre…

De nos jours, on irait plus vite en vélo ! 😉


Les aspects importants d’un véhicule hippomobile

Voiture privée ou publique

Posséder sa propre voiture (ou plusieurs !), c’est un super confort. Mais entretenir un cheval, ça coûte cher, et c’est un luxe supplémentaire d’avoir des chevaux réservés uniquement aux déplacements. Le plus souvent, une famille modeste qui ne possède qu’une ou deux bêtes va les mettre au travail dans les champs la majorité du temps, et s’organiser pour les faire atteler seulement quand c’est vraiment nécessaire. Si tu n’as pas eu la chance d’épouser un Mr. Darcy, tu ne sortiras pas si facilement de chez toi pour aller acheter une baguette de pain, ou alors tu iras à pieds…

(je sais, je sais, les Anglais de l’époque ne mangeaient pas de baguette, et puis de toute façon ils faisaient leur pain à la maison et n’avaient pas besoin de sortir pour ça… mais vous voyez où je veux en venir 😉 )

L’autre solution, quand tu n’as pas de gros moyens et que tu dois rendre visite à sa cousine qui habite à Perpète-la-Galette, c’est d’utiliser les transports collectifs, autrement dit les diligences. Dans ce cas, tu achètes ton billet et tu croises les doigts pour ne pas avoir à voyager avec des inconnus malotrus (tu sais, ceux qui mangent du saucisson dans ta face en faisant des bruits dégoûtants et en te regardant d’un oeil torve, et qui trimballent une poule caquetante sur leurs genoux) (je ne sais pas pourquoi, il y a toujours ce cliché-là, aussi, dans les films…).

De plus, pour rentabiliser le voyage, la compagnie de diligence va s’assurer de faire monter un maximum de voyageurs dans (et sur) la voiture. Sans même parler d’avoir assez de place pour mettre tes jambes, le hic c’est surtout qu’avec un véhicule aussi lourdement chargé, on ne fait plus du 12km/h, mais peut-être du 8 ou 9km/h, à peine. Alors, quand tu vas rendre visite à ta cousine, c’est long longtemps…

PAUVRES BÊTES… Les chevaux des compagnies de diligence n’avaient pas une belle vie. Pour rentabiliser toujours plus l’investissement, on les poussait, on les épuisait, on les tuait littéralement à la tâche. Certains faisaient des crises cardiaques sur la route et mouraient là.

Les critères importants

Une voiture peut être :

  • fermée, semi-fermée, découverte mais avec une capote amovible, ou découverte sans capote du tout
  • sur 2 ou sur 4 roues (et le point d’équilibre de l’attelage, c’est super important pour éviter que les chevaux fatiguent trop)
  • tractée par un nombre plus ou moins grand de chevaux (le plus souvent de 1 à 5, parfois 6, exceptionnellement 8…)
  • conduite directement par le passager/propriétaire assis à l’intérieur, ou bien par un cocher, ou encore par un postillon (ça, c’est celui qui monte sur un des chevaux pour guider l’attelage)
  • dotée ou non d’un espace pour les bagages ou les chargements en tous genres (tu veux une balade de loisir dans les environs ou un aller-retour Merryton-Pemberley ?)
  • avec une structure de bois ou alors en acier (qui est plus lourde, mais aussi capable de supporter des charges plus grandes)
  • avec des bancs placés en vis à vis, ou bien les uns derrière les autres, ou encore avec un seul banc. Le nombre de passagers est donc très variable (d’autant plus si on est acrobatique et qu’on s’assoit sur le toit)
  • avec ou sans portières, mais à peu près toujours un marchepied…
  • … parce que la caisse (c’est à dire le fond de la voiture) peut-être plus ou moins haut perchée sur les roues, et donc à bonne distance du sol
  • avec des suspensions (jusqu’à 8 ressorts) ou bien sans rien du tout (auquel cas, il faut compter sur les coussins et le capitonnage pour absorber). Et quand on se tape les fesses pendant des heures sur des routes pleines de cailloux, ça a son importance !

Avec autant de critères différents, ça fait un bon nombre de combinaisons possibles, et donc beaucoup de modèles de voitures différents. Et encore, je ne vous parle pas des différences d’ordre mécanique (comme le type d’essieu, de roues ou de courroies utilisés).

On ne circule pas dans n’importe quel type de véhicule, sous prétexte qu’il y a des roues et un animal pour tirer : tout dépend de l’usage que l’on en fait, du nombre de passagers, de qui conduit, des marchandises ou bagages à transporter, de la distance à parcourir… On ne fera donc pas un Merryton/Pemberley en cabriolet ni en calèche, ça c’est sûr !

Mais parlons plutôt des voitures qui étaient les plus courantes en Angleterre, à l’époque de notre chère Jane Austen…


Les types de véhicules

UN PEU DE VOCABULAIRE : Une partie du lexique que nous utilisons aujourd’hui en matière de voitures (à essence) nous vient directement des véhicules hippomobiles.

Voiture, coupé, berline, cabriolet, bagnole, break, coupé, limousine, sans parler du célèbre char québécois, tout cela désigne différents types de voitures à cheval.

La calèche

On l’appelle barouche en anglais (je trouve ce mot très marrant, pas vous ?), et en français on utilise le terme calèche de façon un peu fourre-tout.

Pourtant ça désigne un véhicule bien précis : une calèche a 4 places en vis à vis, avec un banc à l’avant pour le cocher (elle est parfois aussi conduite par un postillon). Elle est ouverte, avec une capote repliable (mais qui ne couvre qu’un des deux bancs de passagers), une caisse arrondie en forme de bateau, et surtout elle dispose de 8 ressorts pour amortir les chocs.

C’est donc de la belle voiture confortable, faite pour pour les promenades et les conversations entre gens de qualité…

Le phaéton

Je pouvais difficilement ignorer celui-ci, vu l’importance un peu ridicule que ce véhicule prend dans Orgueil et préjugés (merci, Mr. Collins).

Un phaéton est un véhicule de promenade (voire de sport), ouvert, avec une capote rétractable, tiré par 1 ou 2 bêtes. Léger, perché bien haut sur 4 très grandes roues, il est réputé élégant, parfait pour les dames ou les gentilhommes à la mode. Il a deux places à l’avant (couvertes par la capote, au besoin), et un fauteuil à l’arrière pour un domestique (qui a le droit de se prendre la pluie, lui).

Petit détail : le phaéton est haut perché et il ne comporte aucune protection à l’avant pour vous empêcher de basculer tête première en cas d’accident. Alors, élégant, certes, mais un peu dangereux aussi…

POUR VOTRE CULTURE GRÉCO-ROMAINE : Hélios est le dieu grec du soleil, qui conduit le char du soleil dans le ciel du matin jusqu’au soir. Il a un fils, Phaéton, qui, comme tous les jeunes crétins de son âge, décide un jour de voler le char de son père pour se la péter. Sauf que Phaéton ne maîtrise pas du tout sa conduite, les chevaux s’emballent et tombent sur la Terre, semant le feu, les flammes et la destruction sur leur passage. En punition, Phaéton se fera foudroyer par Zeus. Voilà.

Morale de l’histoire : on ne conduit pas la voiture de papa quand on est trop jeune pour ça.

Le cabriolet

Le truc rigolo, avec le cabriolet, c’est son étymologie : ça vient de “faire des cabrioles”. Oui, oui, comme les jolis petits chevreaux (cabris) qui bondissent ici et là. Parce qu’à l’origine, un cabriolet n’a aucune suspension pour amortir les chocs, alors pour bondir, ça va bondir ! (et ça va peut-être verser dans le décor, aussi… oups !)

C’est un petit véhicule de promenade sur deux roues, avec 2 ou 3 passagers, et un seul cheval. Et une capote rétractable. Et puis, avec le temps, on finira par installer des ressorts, parce que les cabrioles sur le chemin, ça ne fait quand même pas rigoler tout le monde.

Selon le style de cabriolet, un cocher peut se tenir à l’arrière et conduire, à moins que ce ne soit le propriétaire du véhicule qui conduise lui-même, auquel cas la place arrière ne sera occupée que par un domestique, au besoin.

La chaise

Voilà un autre petit véhicule tout léger, monté sur deux roues, tiré le plus souvent par un seul cheval, et fait pour ne transporter qu’1 à 2 passagers.

C’est typiquement le genre de véhicule qu’emploierait un médecin pour se rendre au chevet de ses patients, ou bien un régisseur de domaine qui a besoin de circuler facilement.

Ça ne sert pas à transporter de chargement, seulement à se rendre rapidement d’un endroit à un autre, parfois sur d’assez longues distances ou dans des lieux difficiles d’accès avec un véhicule plus lourd.

La berline

Laissons les véhicules récréatifs de côté pour nous pencher maintenant sur les véhicules de transport, faits pour faire de longues distances…

La berline (dont le nom vient de Berlin, son créateur aurait fait sensation avec ce véhicule lors d’un voyage Berlin-Paris) est une voiture totalement fermée, avec des vitres aux fenêtres, 4 places en vis-à-vis, et des ressorts pour amortir les chocs. Elle est tirée par 2 à 4 chevaux et le cocher se tient à l’avant, sur un fauteuil séparé.

C’est un véhicule privé, donc c’est typiquement dans une berline que l’on voit se déplacer Elizabeth et les Gardiner, dans la scène du début de cet article.

ET LE CARROSSE, ALORS ? Quand on parle de carrosse (comme celui des Cendrillon et autres princesses de ce monde), c’est généralement d’une berline qu’il s’agit.

La malle-poste

Une des premières fonctions de la malle-poste était d’acheminer le courrier et les petits paquets. Mais, tant qu’à faire le trajet, les compagnies se sont dit qu’elles pouvaient aussi bien embarquer des passagers.

La voiture est plus lourde, fermée, tirée par 4 chevaux, avec une malle à l’arrière pour le courrier, montée sur ressorts (ouf !). Et comme le courrier ne doit pas être retardé on ne prend pas plus de 4 ou 5 passagers.

La diligence

Contrairement à la malle-poste, la diligence est, cette fois, clairement faite pour transporter un maximum de gens. C’est le transport collectif que je caricaturais un peu plus haut.

Pour supporter une charge pareille, la voiture elle-même doit être robuste, renforcée d’acier, et donc lourde (même vide). Un calvaire pour les pauvres bêtes qui la tiraient…

Une caricature de 1818, pour le moins parlante… Voyez les chevaux faméliques, le postillon à cheval sur l’un d’eux (ça libère une place supplémentaire pour un voyageur), les passagers qui s’apprêtent à s’entasser dans le véhicule, le chargement sur le toit qui n’en finit plus… Une scène typique devant une auberge où tous ces gens, en transit pour se rendre Dieu sait où, ont probablement passé la nuit.

EN PASSANT : Puisqu’on parle de véhicules publics, notez que le mot fiacre ne désigne pas un modèle, mais seulement l’usage qu’on en fait.

Un fiacre est une voiture de location en milieu urbain, menée par un cocher. Un taxi, quoi, en gros… Ça peut être n’importe quelle type de voiture plutôt maniable dans les rues encombrées de la ville, comme par exemple un cabriolet (qui donnera d’ailleurs le mot cab, pour “taxi” en anglais) (bah oui, tout est lié !).


En conclusion

J’espère qu’avec tout ça vous aurez une meilleure vision de ce qu’étaient les déplacements en voiture à cheval, avant l’arrivée du train à vapeur, puis des automobiles.

Tout ça était long et prenait beaucoup d’énergie. Je ne répèterai jamais assez à quel point il faut imaginer cette époque comme très lente (en comparaison de la nôtre) et avec très peu de déplacements, que ce soient les gens, les marchandises ou les informations. On dit souvent que la plus grande partie de la population passait sa vie entière dans un rayon de 30 à 50 km seulement.

Si les gens de ce temps-là venaient faire un tour dans notre siècle, ils en auraient probablement le vertige…

Alors, justement, pour conclure, je vous conseille de visionner cette excellente vidéo des Revues du monde, qui ouvre une réflexion sur nos modes de déplacements modernes. Parce qu’à nous aussi ça peut flanquer le vertige, quand on y réfléchit deux minutes !

SOURCES :
Les voitures – Attelage de tradition
Histoire des voies de communication et moyens de transport
Mail coach bound for the West country
Travel in Georgian England
A Regency era carriage primer
Carriages – Regency sports cars

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2 réponses à « Se déplacer en voiture à cheval »

  1. Excellent article ! Un peu difficile de reconnaître quand même les véhicules si on a pas l habitude!
    J aime bien me rendre dans les expo de vieilles voitures ! Même si en réalité j en ai peu vu !
    Merci 😘

    1. Faut croire que la mécanique, c’est un truc de gars… Moi aussi j’ai du mal à m’y retrouver, je n’y connais rien en voitures modernes et je m’en fous complètement 😉 Les voitures à cheval sont plus intéressantes à cause du cheval, mais la façon dont elles sont construites ne me fais aucun effet (sauf quand je vois des bancs en bois et que je me demande comment ils faisaient avec si peu de confort sous leur fesses et tellement de cailloux sur la route ! 😉 )

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