Le choix d’une couverture


Autoédition / samedi, décembre 8th, 2018

Comme j’ai les deux pieds dans l’autoédition ces jours-ci, un mot sur le choix que j’ai fait pour la couverture de La renaissance de Pemberley, car ça en a surpris quelques uns dans mon entourage.

Mais d’abord, petit retour sur mes expériences passées.


La couverture de La cantatrice (vol. 1)

Pour mon tout premier roman, j’ai été déçue. D’abord de ne pas avoir mon mot à dire sur le processus de création de la couverture, et ensuite par le résultat. 🙁

En fait, j’aime beaucoup le portrait d’Emma, c’est une bien jolie photo d’elle, mais je trouve que la silhouette de chanteuse sur scène, en bas, est un peu kitsh. En plus, c’est une  photo issue d’une banque d’images que j’ai vue utilisée dans d’autres contextes, c’est dommage. Enfin, il faut aimer les typos avec de grandes arabesques, et là c’est juste une histoire de goûts (et ce ne sont pas trop les miens 😉 ).


La couverture des Filles de joie (vol. 1)

Pour Les filles de joie, mon éditeur a fait appel à une artiste peintre, Sybiline, qui a réalisé une peinture à l’huile.

À cette occasion, j’ai enfin eu voix au chapitre : j’avais une idée assez claire de ce que je souhaitais, j’ai donc rédigé un paragraphe décrivant la scène et j’ai envoyé quelques photos pour inspiration (et j’étais lourdement influencée par un film intitulé L’Apollonide – souvenirs de la maison close, c’est pourquoi la tenancière en robe bleue ressemble beaucoup à l’actrice du film ! 😉 Mais chuuuut…) 

Sur ce coup-là, j’étais super contente, car Sybiline a vraiment bien travaillé !

Par contre, j’ai eu un autre genre de déception : les couleurs sont ressorties très sombres une fois imprimées… Sur la photo ci-contre, j’ai retravaillé les rouges pour qu’ils soient plus vifs et plus conformes à la peinture à l’huile d’origine, mais quand on a le livre dans les mains on se rend bien compte que l’ensemble est moins bien calibré, c’est très brun-noir. C’est dommage, mais on ne peut pas tout maîtriser ! (et ce problème s’est répété sur les couvertures des deux tomes suivants, en pire !)


La couverture de La renaissance de Pemberley

À présent que je m’édite moi-même, je suis la seule responsable de la couverture (comme de tout le reste) et je suis libre de n’en faire qu’à ma tête. Alors je ne me suis pas privée ! 😉

Pour cette couverture, j’ai longuement réfléchi à ce que je voulais, non seulement pour mes goûts personnels, mais aussi à titre de stratégie de vente.

Les couvertures comparables sur Amazon

Avant toute chose, dans une optique commerciale, je devais réfléchir à un moyen de faire remarquer mon livre lorsqu’il apparaîtrait dans les résultats de recherche d’Amazon, parmi toutes les autres austeneries (et il y en a !). Quelques exemples :

On retrouve les codes visuels traditionnels du roman d’amour : une typographie avec de grandes arabesques, des photos de couples ou d’hommes sexy, des grandes robes, des fleurs, et si on veut accentuer le côté historique on utilise plutôt un gros plan d’une peinture d’époque. D’autres recherches similaires montreront aussi beaucoup de doré, de rose, de mauve…

En dehors du fait que je n’ai pas envie que mon histoire soit assimilée (voire réduite !) à de la chick lit ou des romans à l’eau de rose un peu légers, je suis restée pragmatique et j’ai souvent constaté un manque de lisibilité des titres dans ces couvertures-là. Pas assez de contraste, titre trop petit, typo illisible…. Bien sûr, le titre est écrit en toutes lettres dans les recherches, et bien sûr qu’on peut cliquer sur la couverture pour la voir en plus grand, mais cette petite vignette est la première image qui paraîtra dans un résultat de recherche. Elle est ce qui attire l’oeil en premier, il faut donc qu’elle puisse parler par elle-même.

Ma stratégie

Dans ma situation, j’avais deux solutions :

  • reprendre les mêmes codes visuels, auxquels les lectrices sont habituées
  • faire exactement l’inverse, justement pour me démarquer et piquer la curiosité.

Je n’ai aucune idée si j’ai fait le bon choix, mais j’ai décidé de me faire plaisir jusqu’au bout et de réaliser une couverture moderne et abstraite, qui est à l’opposé des conventions du roman “de filles” et qui me plaît à moi (quitte à ce qu’elle ne plaise pas à d’autres).

En réalité, toute ma couverture repose sur un seul élément : le nom Pemberley. C’est un nom fictif qui ne peut être confondu avec aucun autre, et en le voyant toute fan d’Orgueil et préjugés comprend aussitôt que c’est à cette oeuvre-là qu’on fait référence. Il n’y a pas de confusion possible : je m’adresse aux fans avant toute chose, puisque mon roman est une fanfiction et qu’il vaut mieux connaître l’oeuvre originale pour l’apprécier. J’ai donc fait en sorte que ce nom-là soit le premier que l’on voit (et qui va possiblement intriguer).

Voilà ce que ça pourrait donner quand La renaissance de Pemberley apparaitra parmi les autres résultats. Définitivement pas le même look que ses voisins, mais est-ce que ce sera suffisant pour se démarquer vraiment ? Je ne sais pas !

Le reste, c’est simplement de la sobriété et du contemporain. Pas de rose, de fleurs, de robes d’époque ni d’hommes sexy qui montrent leur torse… 😉 J’ai fait exprès de faire différent et simple, avec une typo moderne que j’aime beaucoup et qui n’a ni empattements ni arabesques.

Une couverture minimaliste et abstraite

Quant à la photo que j’ai finalement choisie, ce sont des copeaux de feuille d’or.

J’en ai déjà parlé ici : pour moi Pemberley incarne la classe, l’élégance intemporelle, tout autant que la richesse, la prospérité et la lumière (d’autant plus que mon roman parle d’une renaissance). J’ai donc longtemps fouiné dans des banques d’images pour trouver une photo lumineuse et dorée, suffisamment abstraite pour évoquer Pemberley sans la montrer, et c’est ainsi que mon choix s’est arrêté sur celle-ci.

Et non, je n’ai pas utilisé de photo de Chatsworth House, comme le font parfois d’autres austeneries (ex: P.D. James avec La mort s’invite à Pemberley). D’abord parce que je ne savais pas si ça pouvait déclencher des problèmes légaux d’utilisation de l’image (et je n’ai pas envie de prendre ce risque !) mais aussi – et surtout ! – parce que cette demeure est ma référence à moi, mais je ne veux pas l’imposer à mes lectrices, qui ont chacune une vision personnelle de leur Pemberley.


En conclusion

Je n’ai aucune idée si ces choix sont les bons et je ne pourrai jamais mesurer si j’aurais eu plus ou moins de succès avec une couverture plus conventionnelle. Mais ce sont mes choix, ils sont réfléchis et assumés. Et ils ne plairont sans doute pas à tout le monde, ça fait partie du jeu.

Au moins, si, plus tard, j’écris d’autres romans en autoédition (ce qui pourrait fort bien arriver !), je pourrais me baser sur cette nouvelle expérience pour m’adapter et m’améliorer.

En attendant, je me jette à l’eau et je croise les doigts ! 🙂

6 MOIS PLUS TARD : Cela fait plusieurs mois, maintenant, que mon roman est en vente, alors j’en ai profité pour faire un gros bilan, où j’explique comment ça s’est passé et quelles ont été les ventes obtenues. J’y reparle de ce choix de couverture, qui n’a, effectivement, pas plus à tout le monde, mais qui n’a tout de même pas empêché mon roman de bien se vendre ! Ouf !

Voyez tout ça ici 🙂

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