Musiques de la semaine

Ci-dessous, la liste des musiques postées chaque semaine sur le blog.

COMPOSITEUR – Oeuvre – Mouvement ou air – interprète soliste


Il Trovatore, le choeur des Gitans

VERDI – Il Trovatore – Choeur des Gitans – Choeur du MetOp

Partagé le 11 mai 2019

Quand on n’y connaît rien en opéra mais qu’on est curieux de découvrir, une valeur sûre pour commencer c’est Verdi. Ses histoires sont flamboyantes, et sa musique est tellement accessible que nous connaissons tous une quantité d’airs qui sont passés dans la culture populaire.

Verdi est vraiment le meilleur pour composer des airs pour choeur. C’est le cas ici, avec le choeur des Gitans, issus de l’opéra Il Trovatore (“le troubadour”). En voilà, du grand opéra ! 😀

Vedi! Le fosche notturne spoglie
De’ cieli sveste l’immensa volta;
Sembra una vedova che alfin si toglie
i bruni panni ond’era involta.

All’opra! all’opra!
Dàgli, martella.

Chi del gitano i giorni abbella?
La zingarella!

Voyez comme les nuages disparaissent
de la face du ciel quand le soleil brille,
tels une veuve qui, retirant ses robes noires,
révèle toute sa beauté dans une lueur brillante

Allons, au travail, à présent !
Levez vos marteaux !

Qu’est-ce qui ensoleille la journée d’un Gitan ?
Sa jolie Gitane !


When I am laid in earth

PURCELL – Dido and Æneas – When I am laid in earth – Malena Ernman

Partagé le 4 mai 2019

Cet air, sûrement le plus connu de Purcell, c’est le chant du cygne de la reine Didon.

Après la guerre de Troie, le prince troyen Enée a trouvé refuge à Carthage et est tombé amoureux de sa reine, Didon. Mais les Dieux ont d’autres projets pour lui, et ils lui intiment de quitter son amoureuse pour poursuivre sa destinée.

Didon, déchirée de voir son amant l’abandonner, se donne la mort en s’empoisonnant. When I am laid in earth est son air le plus poignant, mais poursuivez l’écoute jusqu’à la fin car le choeur qui entonne ensuite un chant funèbre est aussi de toute beauté…

When I am laid in earth,
May my wrongs create
No trouble in thy breast;
Remember me, but ah!
forget my fate

Quand je reposerai sur la Terre,
Que mes torts ne créent
Aucun trouble en ton coeur;
Souviens-toi de moi, mais, ah!
Oublie mon triste destin


Son nata a lagrimar

HAENDEL – Giulio Cesare – Son nata a lagrimar – Anne Sofie von Otter, Philippe Jaroussky

Partagé le 27 avril 2019

J’adore l’opéra, et j’ai un gros coup de coeur pour “Giulio Cesare”, un opéra baroque composé par Haendel en 1723. Il comporte plusieurs airs qui me chavirent à chaque fois, dont ce sublissime duo mère-fils.

Jules César est à la poursuite de son vieux rival, Pompée, qui a trouvé refuge en Égypte auprès de Ptolémée (frère cadet de Cléopâtre et actuel pharaon). Mais ce dernier le trahit : il fait assassiner Pompée et offre sa tête à César pour se faire bien voir. La scène chantée ici raconte le désespoir de Cornélia et Sextus, la veuve et le fils de Pompée. La première est désormais vouée à l’esclavage du harem, et le second à la prison.

C’est pas joyeux-joyeux, tout ça, mais qu’est-ce que c’est beau ! Et, pour votre info, sachez que le jeune Sextus finira de toute façon par venger son père en tuant ce traître de Ptolémée…

Son nata a lagrimar / Son nato a sospirar,
e il dolce mio conforto,
ah, sempre piangerò.
Se il fato ci tradì,
sereno e lieto dì
mai più sperar potrò.

Je suis né(e) pour pleurer / Je suis né(e) pour soupirer,
et mon doux réconfort
je le regretterai à jamais.
Et si le sort nous trahit,
Je n’espèrerai jamais plus
Un seul jour gai et paisible.


Erbarme dich

BACH – La Passion selon Saint-Mathieu – Erbarme dich – Delphine Galou

Partagé le 13 avril 2019

Parmi l’immense oeuvre de Bach, on trouve plusieurs oratorios, c’est à dire une sorte d’opéra sans costume ni mise en scène, qui raconte la vie d’un personnage religieux.

Il a notamment composé « La Passion selon Saint-Mathieu » qui raconte, vous l’avez deviné, la Passion du Christ. Je ne suis pas croyante, mais je dois reconnaître que la religion a été une belle occasion pour produire des créations artistiques magnifiques.

Cet air, chanté ici par la très belle contralto Delphine Galou, raconte le moment où l’apôtre Pierre, après avoir nié être un des amis de Jésus par peur de se faire arrêter, regrette son geste.

Erbarme dich, mein Gott,
um meiner Zähren willen!
Schaue hier, Herz und Auge
weint vor dir bitterlich.
Erbarme dich, mein Gott.

Aie pitié, mon Dieu
Devant mes larmes
Vois mon coeur et mes yeux
Qui pleurent amèrement devant toi
Aie pitié, mon Dieu


Des Fischers Liebesglück

SCHUBERT – Des Fischers LiebesglückPhilippe Sly (baryton), John Charles Britton (guitare)

Partagé le 6 avril 2019

Je suis super fan de Philippe Sly, un chanteur classique de chez moi (Québec) que j’ai entendu sur scène à quelques reprises. Il a une sublime voix de baryton et chante divinement les lieders de Schubert.

Ce lieder-ci, qui s’intitule en français “L’amour heureux du pêcheur”, raconte l’amour d’un pêcheur et de sa belle qui s’en vont en barque jusqu’au milieu du lac pour s’échanger des baisers en paix. Et aussi, rêver du jour où ils quitteront ce monde pour s’aimer tranquilles dans l’au-delà. Parce que, quand même, on parle de romantisme allemand, alors même si c’est un poème tendre et heureux, la mort n’est jamais bien loin… 😉

Les paroles et la traduction sont ici.

Et nous échangeons des baisers
Tandis que les vagues murmurent,
En montant et en descendant
Pour narguer ceux qui écoutent.


Et nous pleurons et nous rions,
Et nous nous imaginons délivrés
De la terre, déjà là-haut,
Déjà dans l’autre monde.


Sonate des trilles du Diable

TARTINI – Sonate pour violon en sol mineur, dite “Sonate des trilles du Diable”Ray Chen

Partagé le 30 mars 2019

En 1713, le compositeur Guiseppe Tartini raconte avoir fait un rêve dans lequel le Diable lui serait apparu et aurait joué au violon une musique d’une beauté surnaturelle. À son réveil, Tartini saute à son tour sur son violon pour essayer de retrouver et de noter une partie de ce qu’il a entendu. Le résultat, le voici : la Sonate des trilles du Diable, superbe à écouter… et un cauchemar à jouer.

Tartini y utilise abondamment un intervalle bien connu des musiciens : la quarte augmentée (ou triton). C’est un intervalle entre deux notes tellement dissonant et désagréable à l’oreille qu’au Moyen-Âge on l’appelait Diabolus in musica (le Diable dans la musique) et qu’on interdisait carrément aux compositeurs de l’utiliser.

C’est vrai que ça “frotte”, ça grince, ça brise l’harmonie de la musique… mais ça crée aussi un effet des plus intéressants. Écoutez donc à partir de la minute 11:38 ! 🙂


Menuet en si bémol majeur

HAENDEL – Menuet en si bémol majeurKhatia Buniatishvili 

Partagé le 23 mars 2019

Cette semaine, on écoute un peu de piano, pour aller avec l’article sur le pianoforte (voir ici)

Cette semaine, on écoute un peu de piano, pour aller avec l’article sur le pianoforte (voir ici)

Voici le menuet en si bémol majeur de Haendel (époque baroque).

Si Khatia Buniatishvili avait été une héroïne de Jane Austen, elle aurait pu jouer cet air. Et, dans ce cas, elle n’aurait eu aucun mal à séduire un mari… C’est tellement beau et elle est tellement douée !


Vedro con mio diletto

VIVALDI – Il Giustino – Vedro con mio diletto – Jakub Josef Orlinski

Partagé le 16 mars 2019

Je vous présente Jakub Josef Orlinski, jeune contreténor polonais et étoile montante, dans cet air ultra connu de Vivaldi.

Un contreténor, c’est la voix la plus aigüe qui existe pour les hommes, et c’est supposé se rapprocher le plus possible de la voix d’ange des petits garçons avant la mue.

Les airs chantés aujourd’hui par les contreténors étaient, à l’origine, composés pour les castrats de l’époque baroque (on les castrait justement pour qu’ils ne muent pas et qu’ils gardent leur voix d’enfant, je vous en reparlerai un jour). Contrairement à nos codes modernes qui veulent que virilité rime avec voix grave, à l’époque baroque les rôles de fiers héros combattants et vainqueurs étaient chantés par des castrats.

Vedro con mio diletto / l’alma dell’alma mia / il cor del mio core / pien di contento.
E se dal caro oggetto / lungi convien che sia / sospirero penando / ogni momento.
Je verrai avec joie / l’âme de mon âme, / le coeur de mon coeur, / rempli de bonheur.
Et si, de ce cher être, / il me faut m’éloigner, / je soupirerai et souffrirai / à chaque instant.


Stabat Mater de Dvorak

DVORAK – Stabat Mater – III. Eja mater

Partagé le 9 mars 2019

Cette musique exprime une douleur renversante… Normal, c’est un extrait du Stabat Mater, un poème à propos de la Vierge Marie debout au pied de la croix (adapté en musique par de nombreux compositeurs différents, dont Dvorak). Une mère qui pleure son fils mort, ça n’est jamais très gai, c’est sûr… Lisez donc ici l’article sur Mary Shelley !

Eia Mater, fons amoris / Me sentire vim doloris / Fac, ut tecum lugeam.
Ô Mère, source de tendresse / Fais-moi sentir grande tristesse / Pour que je pleure avec toi.