Travailler main dans la main avec sa traductrice


Autoédition, Écrire / dimanche, juin 16th, 2019

Entre deux articles sur le XIXème, j’aimerais vous donner quelques nouvelles de l’avancée de mon gros projet en cours, sobrement intitulé : traduire-la-renaissance-de-pemberley-en-anglais. 😉

Évidemment, c’est Catherine, ma traductrice, qui bosse. Et elle bosse vraiment bien, je suis super contente ! (j’ai raconté ici comment je l’ai trouvée)

Malgré tout, mon travail à moi n’est pas terminé pour autant…


Relire et apprécier une traduction

Être dépendant de son traducteur quand on ne parle pas sa langue

Il y a quelques jours, sur un groupe Facebook d’autoéditeurs, une auteure nous a partagé un paragraphe qu’elle avait fait traduire en anglais. Elle avait des doutes sur la qualité finale du texte mais qu’elle ne maîtrisait pas assez la langue pour en juger elle-même, c’est pourquoi elle demandait notre avis. Et, effectivement, nous avons été plusieurs à lui dire que ce texte sonnait comme un francophone qui traduit maladroitement en faisant du mot à mot, et en utilisant (probablement) beaucoup trop les traducteurs automatiques. Le rendu n’était pas terrible…

Ça m’a fait réaliser à quel point j’étais chanceuse de ne pas être dépendante de ma traductrice, car je parle la même langue qu’elle.

Si je faisais traduire mon roman en allemand/italien/espagnol/n’importe-quelle-autre-langue, je n’aurais aucun moyen de juger si la traduction est de bonne qualité ou non et si les détails qui me tiennent à coeur ont été respectés (notamment la véracité historique).

Et ce serait extrêmement frustrant !

Dans le cas de “La renaissance de Pemberley”

J’ai la chance d’utiliser l’anglais couramment dans mon travail, et je vis au Québec où je suis confrontée en permanence à la culture nord-américaine anglophone. Pour autant, même si je peux écrire et converser sans problème en anglais, je ne pourrais JAMAIS, au grand JAMAIS traduire moi-même mon roman. Ça serait ridicule d’essayer, d’ailleurs.

Pour La renaissance de Pemberley, le défi est, en plus, d’avoir un texte qui sonne britannique et surtout pas nord-américain. Je voulais que ça reprenne l’ambiance des romans austeniens, il me fallait donc quelqu’un qui soit familier de cet univers-là, car ça ne s’improvise pas !

À l’inverse, comme j’ai fait toutes mes recherches historiques en anglais, je possède des connaissances précises sur cette époque que ma traductrice n’a pas forcément. Je n’attends pas d’elle qu’elle sache faire la différence entre un valet ordinaire (footman) et un valet de chambre (valet), par exemple. Ces recherches-là, c’est mon domaine spécialisé et je ne vais pas exiger qu’elle fasse à son tour des heures et des heures de recherches alors que je les ai déjà faites moi-mêmes quand j’écrivais.

Parler anglais et posséder ces connaissances-là, c’est ce qui me rend capable d’apprécier la qualité de sa traduction, de corriger certaines erreurs et de confirmer ma préférence pour tel ou tel mot, en fonction de l’idée que je souhaite faire passer à ce moment-là dans mon texte.

Et c’est précieux ! Ça nous permet, à toutes les deux, de travailler main dans la main pour obtenir une traduction la plus juste possible du texte, en respectant sa vraisemblance historique et mes intentions comme auteure.


Un aperçu du travail en cours

Méthode de travail

Catherine et moi partageons le même document Google Drive.

  • Elle travaille dans son logiciel spécialisé pour la traduction
  • Quand c’est prêt, elle importe le chapitre dans Google Drive, et ajoute ses notes ou interrogations.
  • Je vais le relire, j’ajoute mes propres commentaires et je réponds aux siens.
  • Elle retouche ensuite le texte en fonction, et au besoin il peut arriver qu’on se voie ou qu’on se fasse un appel vidéo pour rediscuter de certains points.

Avant qu’elle commence ce projet, je lui ai également préparé un document récapitulatif avec les principales ressources historiques qui allaient lui être utiles, ainsi qu’une série de mots précis utilisés dans mon roman (noms des vêtements, des aliments…) et leur traduction exacte. Ça lui permet de s’y référer d’abord, et si elle n’y trouve pas la réponse elle peut me laisser un commentaire que j’irai vérifier.

Un exemple de références à consulter sur différents sujets (étiquette et appellations, vêtements, domestiques, transports, traditions…)
Et une section entière rien que pour la nourriture, les recettes et aliments ayant parfois des noms spécifiques

Je vous parle aujourd’hui de comment collaborer autour de la traduction, mais pour les autres logiciels et méthodes de travail pendant l’écriture d’un roman, voyez plutôt ici ! 🙂

Quelques exemples

Ci-dessous, des exemples de commentaires échangés autour d’un bout de texte, pour vous montrer comment nous procédons.

J’ai flouté le reste de la traduction pour ne pas tout vous dévoiler, d’autant que c’est un travail en cours qui sera encore relu et peaufiné dans les mois à venir… 😉

Ici, on se casse la tête sur la bonne appellation pour un personnage…
Là, une suggestion pour un mot un peu plus précis qu’un autre…
Et pour ôter tout doute, il arrive qu’on cite nos sources en ajoutant un lien vers une référence.
Et là, un autre échange pour être vraiment, mais alors vraiment très précis… 😉

En conclusion

Je le découvre, puisque c’est la première fois qu’un de mes romans est traduit : traduire un texte, c’est une vraie conversation entre le traducteur et l’auteur.

Cela dit, c’est elle qui fait l’essentiel du boulot, bien évidemment. J’interviens uniquement pour valider et ajuster des détails, ou bien suggérer des petites choses ici et là, mais c’est elle la spécialiste de la langue anglaise britannique, c’est donc elle qui doit avoir le dernier mot.

Et comme je lui fais une confiance totale et que le résultat me plaît, tout va bien !

Merci, Catherine ! 😀

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